C'est pourquoi l'initiative de Nicolas Sarkozy, dans son principe, est une excellente chose, car elle redonne un souffle à un processus de Barcelone qui marque le pas. Sur la méthode, en revanche, permettez-moi d'émettre quelques réserves.
Lorsque la France a souscrit les engagements européens contenus dans les différents traités, de Maastricht à Lisbonne, elle a accepté de transférer au niveau communautaire – et je le regrette – un certain nombre de ses prérogatives, en particulier en matière d'affaires étrangères. N'en déplaise à M. Guénot, c'est malheureusement le monde dans lequel ces traités nous font vivre. C'est pourquoi il y a, à mon sens, une forme d'incohérence à lancer, à grand renfort de tempêtes médiatiques, un tel projet. En réalité, la France n'a plus le pouvoir de l'imposer. La seule manière de le faire progresser eut été de déployer l'ensemble des moyens diplomatiques et humains dont la France dispose pour convaincre ses partenaires de procéder à la réforme du processus de Barcelone, sans donner l'impression de défaire ce qui avait déjà été réalisé, même si cet existant était peu satisfaisant.
Le résultat de cette incohérence est visible aujourd'hui, puisque ce n'est pas du tout un hasard si ce débat a été déplacé de hier, où le Conseil aurait pu y prendre part, à ce matin, où seule la Commission est représentée. Il faut évidemment y voir plus d'un signe: la Commission n'a pas l'intention de se laisser dessaisir de ce dossier.











