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Situation au Tibet (débat)

Patrick Louis, au nom du groupe IND/DEM . – (FR) Monsieur le Président, chers collègues, depuis quelques heures, la propagande officielle chinoise fait état de ce contrôle retrouvé sur la situation au Tibet. Ces déclarations, nous le savons, cachent une répression sanglante.

La réaction des autorités européennes me révolte doublement. Premièrement, si l'on doit se féliciter du haussement de ton du Président Sarkozy qui n'exclut pas un boycott des Jeux olympiques, l'attitude de son ministre des affaires étrangères est plus que douteuse. Bernard Kouchner emploie à plusieurs reprises l'expression "nos amis chinois". Sait-il que cette dictature sanglante écrase les libertés fondamentales et menace l'identité nationale tibétaine? Connaît-il le nombre de prisonniers politiques, dont le plus jeune du monde est le Panchen Lama? On en vient à se poser la question: est-il encore digne de parler au nom du pays des droits de l'homme?


Depuis la dynastie Han, les Chinois sont persuadés de leur supériorité sur le reste du monde. La justification communiste n'a fait qu'exacerber cette attitude en prônant une idéologie qui permet d'étouffer toutes les revendications individuelles et sociales et, a fortiori, nationales.


En Asie comme en Europe, l'empire et l'ethnicisme sont les ennemis de la nation. D'où ma deuxième révolte. Quel attentisme coupable des dirigeants européens face à la crise tibétaine, eux qui, sans réfléchir, reconnaissaient il y a quelques semaines l'indépendance du Kosovo! En imposant l'indépendance pure, simple et immédiate de cette province serbe, sur le territoire de laquelle se trouve le berceau historique et spirituel de la Serbie, Européens et Américains ont pris le risque de déclencher de redoutables réactions en chaîne et de développer une politique internationale incohérente. Cette politique du Kosovo au Tibet laisse percevoir un intolérable "deux poids, deux mesures" destructeur de la confiance de l'opinion dans l'action diplomatique.


Concluons: effectivement, sans considération des héritages et des traditions nationales, sans traitement équitable des droits des peuples, nous courons le risque de voir nos proclamations sur les droits de l'homme devenir des incantations et se vider de leur sens. Ainsi, j'ose bien le dire, que vive l'Europe des nations libres, que vive le Tibet libre, que vive un monde de nations libres!