Ces trois hérésies seront fatales à la viticulture européenne, et notamment française. Les consommateurs seront trompés dans leur choix, les viticulteurs verront leurs revenus chuter, l'industrialisation de la filière condamnera le savoir-faire.
Ce démantèlement systématique des principes fondamentaux de la spécificité de la viticulture européenne répond à une logique. Prise entre sa soumission à l'OMC et l'influence du tout-puissant lobby du grand négoce européen, la CEEV, la Commission s'emploie systématiquement, depuis 2004, à ouvrir les portes du poulailler européen à tous les renards rôdant sur la planète. Elle se manifeste de plus en plus comme étant le chausse-pied de la mondialisation. L'incohérence logique apparaît à la lecture de deux séries de chiffres.
En Europe, on arrache 170 000 hectares de vignes, tandis qu'en Nouvelle-Zélande, on accroît la surface plantée de 240 %; en Australie, de 169 %, et en Chine, de 164 %. En Europe, la réduction de l'offre pour maintenir des cours à un niveau de prix de qualité décent ne peut résister à des industriels du vin déversant leurs excédents de produits à bas coût et envahissant les marchés ainsi libérés. Ceci résume le racket du marché du rosé. Il révèle les contradictions qui existent entre les principes de l'OMC et ceux nécessaires à l'organisation d'une filière pour promouvoir les investissements, la qualité, le savoir-faire. Hier, avec succès, nous savions que la qualité ferait, à l'avenir, la quantité. Avec les réformes de la commissaire, il devient évident que les décisions d'aujourd'hui tueront le savoir-faire de demain.
Madame la Commissaire, il est impératif d'interdire le mélange et le coupage, et ceci, avant le 7 juin. Après, il restera aux viticulteurs le seul usage de l'arme du vote pour faire entendre leur volonté
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