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De la cacophonie.

La crise arrive, la crise est là, la crise occupe les esprits et les médias, la crise est partout.

            Mais cette crise n'est-elle pas simplement un ajustement et un assainissement normal de l'économie mondiale ? Ne sommes nous pas simplement à la limite de l'économie spéculative déconnectée de l'économie réelle ? L'immatérialité de l'argent circulant à grande vitesse dans les quatre coins du monde se heurte à la réalité de la vie économique, aux phénomènes humains et locaux, qui eux n'évoluent pas de la même manière.

 Publications : modifier un article - Patrick Louis Back Office - DEVELOPPEMENT

Pourtant, les effets, pour la grande majorité des particuliers ne sont pas encore visibles, les conséquences sur l'économie réelle ne se feront ressentir que dans les mois à venir et nul doute qu'il faille d'ores et déjà préparer une réponse aux répercussions sociales inévitables.

 

            Les réponses à cette crise sont multiples et complémentaires les unes des autres. Il faut procéder dans l'urgence pour certaines choses et en réformer d'autres en profondeur pour assainir durablement l'économie. Tout d'abord le sauvetage des banques est indispensable, il faut, comme dans un moteur mettre régulièrement de l'huile pour éviter les frottements et l'échauffement de la machine.

 

            A plus long terme, il faut engager des réformes importantes, particulièrement au niveau européen pour nous protéger. Observons un paradoxe, les Etats, auxquels la Commission européenne interdit d'entreprendre tout versement d'aides publiques vers les entreprises, ne bronche pas lorsque ces mêmes Etats renflouent les banques suite aux erreurs ou imprudences qu'elles ont commises. Ces mêmes aides d'Etats sont strictement prohibées aux industries européennes (Arcelor-Mittal ou encore aux fameux chantiers navals de Gdańsk -Stocznia Gdańska-, etc.) là où les emplois créent de la richesse à long terme et participent concrètement et durablement à l'économie locale. Ce que l'on fait pour les banques, il faut le faire pour les industries. D'ailleurs que deviendront les banques lorsqu'il n'y aura plus d'industries ni donc d'investissements ?

 

            Parallèlement la Banque Centrale Européenne, alignée sur les positions allemande malgré son "indépendance" affichée face aux Etats ne devra pas rester obnubilée par la hausse de l'inflation, (quasi inévitable avec les garanties accordées aux banques, qui creuseront les déficits publiques) mais elle doit se concentrer sur les moyens de relancer la croissance, l'économie réelle, l'industrie, favoriser les PME et les exportations de celles-ci, etc.

 

            Plus étonnant encore est la réaction spontanée de certains pays de vouloir entrer subitement dans l'UE ou dans la zone euro. Le premier Ministre islandais, grand défenseur de la souveraineté de l'île, a affirmé qu'il serait prêt à l'adhésion à l'UE, pour se mettre directement à l'abri sous le parapluie de la monnaie unique (selon Rzeczpospolita du 29 octobre). Les islandais supportent cette idée à près de 70%, ce qui leur permettrait au passage de mutualiser l'effort consenti pour sauver les banques de ce paradis fiscal.

La Suisse qui ne semble pas être le pays le touché par la crise, n'a pas abandonné ses réticences.

            Les élites suédoises et danoises souhaiteraient aussi faire passer la pilule de l'euro en ce moment alors les citoyens-consommateurs ne comprennent pas trop ce qui se passe. La monnaie unique leur sera présentée comme la solution.

Dans le même temps, la Pologne rechigne à s'engager sur la voie le l'euro (monnaie unique) et se passionne pour le prochain euro (de football en 2012, qu'elle co-organise avec l'Ukraine) !

            Au milieu de tout ce vacarme, M. Sarkozy fait des propositions dont le seul objectif est de rester en place, au premier plan de l'actualité européenne. Ainsi fait-il des propositions (sur l'eurogroupe des chefs d'Etats notamment) immédiatement contrecarrées par Mme Merkel, qui, comme d'habitude aura le dernier mot.

            Nous ne sommes déjà plus qu'à quelques semaines de la fin de "sa" présidence de l'Europe, sans grandes réalisations au fond, mais ponctuée des quelques événements qui lui auront permis de sauver la mise (UPM, Géorgie, crise financière,...) "Sarkozy se débrouille bien avec ces événements, bien qu'il soit encore meilleur pour en parler" lance l'éditorialiste de Rzeczpospolita (23octobre).

           

            Dans cette cacophonie, dans le tourbillon de la crise, la place est maigre pour les défenseurs d'une politique qui s'appuie sur une vision à long terme et les préoccupations fondamentales de l'Homme. Dans ce brouhaha, nous avons plus que jamais besoin d'une politique et d'un cadre politique qui s'affranchissent des modes et des impératifs du profit immédiat.