Des frontières pour les puissants
Les contrôles aux frontières, jugés obsolètes, ont été abandonnés en 1995 au moment de la mise en application des accords de Schengen. Unanimes, les chefs d’Etats concourent de litanie depuis pour affirmer le passéisme d’un monde régulé et protégé, et la beauté d’une maison européenne sans portes ni fenêtres.
Mais lorsqu’il s’agit d’un sommet de l’OTAN à Strasbourg, la candeur des politiques laisse place aux réalités géopolitiques et terroristes. C’est pourquoi le contrôle aux frontières est rétabli en France du 20 mars au 5 avril, pour s’assurer que le sommet se passe au mieux, lui qui réunira 3.000 membres de délégation et 26 chefs d’Etat, dont le Président Obama.
Que faut-il en conclure ? Que ce qui est bon pour nous ne l’est pas forcément pour les puissants de ce monde ? Ou bien la suppression des frontières serait l’une de ces hérésies européennes que nous n’osons plus ni avouer ni dénoncer.
En réalité, et les juristes le savent, en abandonnant nos frontières, nous avons déjà fait le choix de dissoudre le politique dans un magma où on ne sait plus qui est responsable de quoi. Car le premier souci pour appliquer une loi est de savoir sur quel territoire elle entre en vigueur, et dès lors qu’il n’y a plus de délimitation, il n’y a plus de loi.
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